• Benjamin Moreau

Le coaching en entreprise

En quoi consiste cette technique d'accompagnement réalisée par un coach professionnel, à qui s'adresse-t-elle et avec quels bénéfices à la clé ? Tour d'horizon du coaching en entreprise en douze questions, pour savoir si c'est une solution adaptée à vos besoins et objectifs.




SOMMAIRE


Qu'est-ce que c'est ?

A ne pas confondre avec son cousin le coaching personnel, qui se déroule dans la sphère privée et est mené par un « coach de vie », le coaching en entreprise (aussi dit « coaching d'affaires » ou « coaching professionnel ») est un outil d'optimisation des savoir-faire et savoir-être au sein de l'entreprise. Pensé pour s'intégrer au cadre de travail, il consiste en un accompagnement personnalisé réalisé par un coach professionnel, pour répondre à un besoin ciblé par l'entreprise. Cette méthode s'appuie donc sur le potentiel des collaborateurs pour accompagner l'évolution, le développement, voire la transformation de l'entreprise à travers celle de ses forces vives.


Une pratique répandue dans l'Hexagone ?

« Aujourd’hui en France, le coaching d’affaires ou coaching professionnel, au sein de l’entreprise, est encore relativement faible comparé à la Grande-Bretagne. Toutefois le coaching est en pleine expansion dans les entreprises françaises et en particulier les TPE-PME en raison : ​ • de la complexité croissante et de l’évolution rapide du métier de chef d’entreprise, ​ • de la notoriété croissante du coaching d’entreprises, ​ • du retour d’expérience sur l’efficacité réelle du coaching d’entreprise et de l’accompagnement de dirigeant, notamment en termes de bien-être de celui-ci et de retour sur investissement pour l’entreprise. » ​ Source : www.lecndc.com


A qui s'adresse-t-il ?

Longtemps, le coaching en entreprise a été l'apanage des seuls postes de direction et des cadres supérieurs. On le comprend aisément, car ce sont eux qui, fixant les orientations stratégiques majeures de l'entreprise, font face au quotidien à d'importantes responsabilités et problématiques de management. Dès lors, il est primordial qu'ils sachent cerner avec clarté leurs objectifs et optimiser leur propre potentiel au service de la structure. Mais aujourd'hui, le coaching en entreprise se démocratise de plus en plus, pour toucher un public élargi. Ainsi, il peut aussi bien concerner les postes de middle management, relais essentiels entre la direction et les salariés, que tous les autres collaborateurs. Et ce, car il est de l'intérêt général de la structure que chaque individu puisse exploiter au maximum ses aptitudes tout en ayant pour ligne directrice les objectifs-clés de l'entreprise.


Qui peut le solliciter ?

La demande d'un coaching en entreprise peut émaner des dirigeants ou des responsables de l'entreprise, des managers, du service des Ressources Humaines, tout comme d'un salarié qui en formulera le besoin auprès de ses supérieurs.


Quels événements peuvent déclencher sa mise en place?

Le recours au coaching en entreprise peut être mis en œuvre du fait de la survenue d'événements variés. Il peut être enclenché suite à la mise en œuvre d'une nouvelle orientation choisie par la direction, comme par exemple un changement de stratégie ou d'objectifs souhaité par ses dirigeants. Il peut aussi être instauré du fait d'un impératif ou d'un nouveau défi cerné par le salarié dans le cadre de sa mission ou de son évolution au sein de la structure. Chaque cas particulier justifiera la création et l'activation par le coach professionnel d'un plan d'action personnalisé, parfaitement adapté au profil du coaché.


Dans quel but le mettre en place ?

Le but suprême du coaching d'entreprise est invariablement de favoriser le bon fonctionnement au sein de l'entreprise, afin d'améliorer ses performances. Une pluralité de motivations peuvent sous-tendre cet objectif ultime, agissant comme autant de leviers. Il peut s’agir d’améliorer l'efficacité, le bien-être au travail (par exemple en résolvant un point de blocage, en apaisant le stress, en écartant un risque de surmenage professionnel ou de burn-out...), de perfectionner le management (en développant le leadership, l’intelligence émotionnelle, ou encore en favorisant l'acquisition de soft skills...) ou de resserrer la cohésion d’équipe, entre autres.


Par qui est-il financé ?

Intervenant dans le cadre de la mission professionnelle et sur le temps de travail, cet accompagnement personnalisé est financé par l'entreprise. Selon les statistiques du Centre National Du Coaching (CNDC), 30 à 40 % des budgets formation des entreprises sont aujourd'hui dévolus au coaching professionnel.


Quels sont les préalables indispensables à sa mise en place?

Pour un coaching d'entreprise réussi, il est nécessaire de bien cerner en amont les besoins et les objectifs de cette méthode. Il est fondamental que les trois parties prenantes, à savoir l'entreprise mandataire, le coaché et le coach, l'abordent avec une démarche volontariste. Les dirigeants de l'entreprise mandataire doivent bien avoir identifié les problématiques et besoins qui les incitent à recourir à cette méthode, le but précis vers lequel le coaching doit tendre et les moyens qu'ils sont prêts à déployer. Ils doivent être prêts à accepter de se remettre en question et à modifier, le cas échéant, des comportements déjà ancrés pour progresser. De même, les collaborateurs concernés par le coaching doivent pleinement accepter le recours à cette méthode. Ils doivent être assez ouverts pour jouer le jeu, en échangeant avec coach, lui confier leurs doutes et leurs peurs. Ils doivent aussi savoir se remettre en cause et se questionner sur leurs attitudes et habitudes, et sur leur évolution dans le cadre de la structure. Enfin, maître d'orchestre de la démarche, le coach professionnel doit être doté d'une formation fiable et doté de grandes aptitudes relationnelles, ainsi que d'une bonne dose de pédagogie. Pour établir un lien de confiance avec le coaché, ses capacités d'écoute sont fondamentales. Elles lui permettront de comprendre le fonctionnement du coaché, sa vision des choses, ses éventuels blocages, ses attentes. Et ce, pour ajuster ses méthodes et trouver le levier d'évolution approprié. Véritable médiateur, le coach professionnel pourra ainsi, le cas échéant, parvenir à résoudre blocages et conflits. Pour encadrer au mieux cette collaboration tripartite, il est préconisé de signer en amont un contrat qui consignera les modalités du coaching, en précisant : ses grands objectifs, ses modalités (en ligne ou présentiel, durée, fréquence, prix), les méthodes proposées et les outils déployés (par exemple une plateforme digitale), ainsi que les éventuels outils d'évaluation des résultats envisagés.


Quelles formes peut-il prendre?

Selon la structure qui le sollicite et les problématiques en jeu, le coaching peut être mis en place avec un collaborateur précis (on parle alors de « coaching individuel ») ou avec une équipe (il s'agit dans ce cas d'un « coaching collectif »). Dans le cadre d'un coaching individuel, les rencontres entre le coaché et le coach professionnel sont généralement assez régulières. Cette régularité permet un meilleur suivi de l'évolution et des progrès accomplis. De son côté, le coaching collectif a de plus en plus le vent en poupe. Rien de surprenant à l'heure où le « corporate » est un fondement de la réussite d'une entreprise, non-seulement en termes de performances, mais aussi d'image. Ce type de coaching permet en effet de développer une belle cohésion entre les membres d'une équipe ou plus largement d'une entreprise. Autant de paramètres qui favorisent une bonne communication et une meilleure entraide, propices à un fonctionnement harmonieux dans l'entreprise et à des résultats potentiellement améliorés. A l'ère du digital, le coaching peut être effectué en présentiel dans les locaux de l'entreprise ou à distance via un support digital. Alors que le télétravail a connu un essor sans précédent avec la crise du Coronavirus, ce coaching numérique permettra, de par sa flexibilité, de faire adhérer un maximum de collaborateurs à la démarche.


A quelle fréquence la planifier ?

La fréquence du coaching sera déterminée par le coaché en concertation avec le coach, selon l'objectif identifié, les disponibilités du coaché (le coaching ne doit pas non plus trop amoindrir son temps de travail), mais aussi le budget alloué au coaching. Ponctuelle, l'intervention d'un coach peut s'inscrire dans le cadre de la résolution d'une problématique sporadique. Elle peut aussi être régulière, à l'image d'un rendez-vous institutionnalisé une ou plusieurs fois par an. La durée d'une séance de coaching est fréquemment d'une à deux heures. Ce temps est suffisant pour un travail efficace, mais sans être trop long, afin de maintenir durant chaque séance le meilleur de la réceptivité et de la concentration du coaché, indispensables au succès du coaching.


Comment être sûr que le coach choisi est compétent ?

Des certifications officielles existent pour encadrer l'exercice de la profession de coach en entreprise, attestant des compétences du coach. La plus connue est certainement la certification RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), mais il existe aussi au plan international la certification ICF (International Coach Federation) et la certification EMCC (European Mentoring and Coaching Council).


Pourquoi est-ce pertinent ?

D'après une étude menée par PricewaterhouseCoopers (PWC), restituée sur le site www.lecndc.com, le niveau de satisfaction de clients coachés est excellent. 81% d'entre eux se disent satisfaits ou très satisfaits, et 96% prêts à refaire l’expérience. Seuls 18% se disent relativement satisfaits ou pas satisfaits. ​ Le retour sur investissement au sein des entreprises accompagnées est également tangible, de l'ordre moyen de 5,7 fois le montant investi dans le coaching. Une amélioration notoire a ainsi été notée dans les domaines suivants : ​ • la productivité : pour 53% des dirigeants, • la performance de l’organisation : 48%, • la qualité des produits et services : 48%, • le service clients : 39%, • l’augmentation des résultats : 42%, • l’équilibre de vie : 48%, • la relation de travail avec le dirigeant : 70%, • le travail d’équipe : 70%, • les relations de travail entre collègues : 63%, • la satisfaction au travail : 52%, • les compétences managériales : 70%. (Source : www.lecndc.com)


Un exemple concret de recours au coaching en entreprise

Après cinq ans en tant qu'assistante communication dans l'entreprise Sunshine com', Laura est ravie. Et pour cause, la jeune femme vient d'être nommée au poste de directrice de la communication ! Une belle promotion qui induit une nécessaire évolution de ses missions au quotidien, et de la posture qu'elle doit adopter auprès de ses collaborateurs et des clients avec qui elle interagit. D'un poste plutôt tourné vers l'opérationnel, sous la tutelle d'une supérieure, elle endosse désormais des responsabilités plus importantes et pluriformes, avec de nouveaux enjeux, dont notamment une partie management et représentation de l'entreprise dans ses relations extérieures. Pour se glisser au mieux dans cette nouvelle fonction, Laura devra mobiliser ses aptitudes, compétences professionnelles indéniables, mais aussi soft skills (compétences non-techniques telles que l'intelligence émotionnelle, le leadership), essentielles tant dans le déploiement du management que dans la compréhension de ses interlocuteurs, clients ou collaborateurs managés. Pour que cette avancée dans sa carrière soit une source de défi et d'épanouissement, sans stress voire échec éventuel, Laura pourra opter pour un accompagnement individuel pendant trois mois avec un coach professionnel, à raison d'une à deux séances d'une ou deux heures par semaine. Dotée de toutes les armes nécessaires, elle s'accoutumera ainsi en douceur et en confiance à ses nouvelles missions.


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